Jour 3
- nounousady
- 2 avr.
- 2 min de lecture
Il est 8h12. Aujourd’hui, je le réveille plus tôt.
Pas par gentillesse. Par stratégie.
La fatigue s’est installée. Le corps est déjà marqué, l’esprit commence à flancher. C’est précisément à ce moment-là que le Bloc 13 devient intéressant.
Je n’attends pas qu’il ouvre les yeux. Je le force à émerger.
« Debout. Tout de suite. »
Aucune douceur. Aucun délai.
La couche est contrôlée dès le réveil. Pas de discussion. Pas d’explication.
Je note. Je regarde. Je décide.
Puis je la laisse. Volontairement.
Pas de confort aujourd’hui.
Le petit-déjeuner n’en est pas un.
Un biberon posé au sol. Position imposée. Temps limité.
S’il met trop de temps, je reprends. S’il va trop vite, je recommence.
Ici, même boire devient une épreuve.
Aujourd’hui, j’ai prévu quelque chose de différent.
Je pose devant lui un labyrinthe 3D XXL.
Complexe. Inutile. Frustrant.
Un objet qui n’a aucun sens… sauf celui que je lui donne.
Ses mains sont contraintes. Mobilité réduite. Vision parfois limitée.
Je fixe une règle simple :
➡ Terminer avant minuit.
Pas de pause. Pas d’aide. Pas d’excuse.
Chaque erreur a un prix.
Chaque chute de bille. Chaque mauvais mouvement. Chaque soupir.
Je note tout.
Et à intervalles réguliers :
➡ retour au mur ➡ position imposée ➡ impacts contrôlés, lents, calculés
Pas pour faire mal. Pour rappeler.
Toujours rappeler.
Le temps devient flou.
Les heures passent. Le labyrinthe ne semble jamais avancer.
C’est le but.
Je ne cherche pas la réussite. Je cherche l’usure.
À mesure que la journée avance :
➡ les contraintes augmentent ➡ la fatigue s’installe ➡ la précision disparaît
Et moi… j’observe.
Je corrige. J’ajuste. Je pousse.
21h47.
Il tremble. Ses gestes sont lents, imprécis.
Je pourrais arrêter.
Je ne le fais pas.
23h58.
Le labyrinthe est presque terminé.
Je m’approche. Silencieuse.
Je regarde ses mains.
Puis je murmure :
« Tu n’as pas intérêt à échouer maintenant. »
Minuit.
Soit il réussit. Soit il recommence demain.
Dans le Bloc 13,il n’y a pas de victoire.
Seulement des étapes.
Et moi…je décide quand il peut passer à la suivante.




Commentaires